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Dans le pays, il est de bon ton d'afficher
en public la confrérie à laquelle on appartient
et d'indiquer de quel Sérigne on est le Talibé.
Par exemple, sur les bus de transport en commun ou sur
les taxis (de couleur jaune) est indiqué, en
grosses lettres, le nom du Sérigne
dont le propriétaire est le Talibé.
Le marabout est donc, avant tout, un chef religieux
et a une grande influence sur le peuple sénégalais.
Il est consulté avant chaque grand évènement.
Les confréries
Les trois principales confréries sont :
1- Les Mourides
Le
fondateur de cette confrérie, Cheikh Ahmadou
Bamba, est né à Mbacké-Baol
en 1853. Il fut d'abord un musulman orthodoxe, puis
un tidjane avant de créer lui-même sa petite
confrérie en 1895.
Dès 1884, il a réussi à regrouper
autour de lui un nombre grandissant d'adeptes. L'augmentation
rapide de ceux-ci suscita les soupçons des autorités
coloniales et Cheikh Ahmadou Bamba fut
accusé de "troubler l'ordre public".
C'est pourquoi il fut arrêté et déporté
au Gabon de 1895 à 1902, puis en Mauritanie de
1903 à 1907, puis placé en résidence
surveillée d'abord au village de Thièene
dans le Djiolof de 1907 à 1912 et ensuite à
Diourbel jusqu'à sa mort.
Mais le mouridisme se développa de façon
exponentielle plus particulièrement dans les
provinces du Cayor et du Baol, aujourd'hui régions
à cheval entre les provinces de Kaolack, Djourbel,
Thiès et Fatick.
La ville Sainte des Mourides, où réside
le chef de la confrérie, est Touba.
Sa mosquée est l'une des plus grandes du continent.
Les Baye-Fall :
Cet ordre a été créé par
Cheikh Ibra Fall, appelé aussi Lamp
Fall ou Baye Fall (Baye signifiant
"père"), qui lui-même était
le compagnon du grand Cheikh Ahmadou Bamba.
Souvent habillés d'un grand boubou en patchwork
multicolore et affublés de grigris en tous genres,
ils se laissent pousser les cheveux à la façon
"dreadlocks" des rastafaris.
Ils ont leur propre conception de l'islam. Comme Cheikh
Ibra Fall, ils ne vivent que par et pour leur
marabout qui les loge et les nourrit et tout le produit
de leur mendicité va d'ailleurs à ces
marabouts.
En plus de cette tâche quotidienne ils se rendent
chaque année dans les champs d'arachide des marabouts
et cultivent gratuitement durant toute la saison des
pluies.
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